samedi 10 mai 2008

le bien et le mal

L’un des anciens de la ville prit la parole : Éclairez-nous sur le Bien et le Mal.

Il répondit :

Du Bien en vous, je puis parler, mais non du Mal.

Car qu’est-ce que le mal sinon du bien torturé par sa propre faim et sa soif ?

Vraiment, lorsqu’il a faim, le bien cherche sa subsistance jusque dans les grottes sombres et quand il a soif, il boit même aux eaux mortes.

Vous êtes bons sitôt que vous êtes en accord avec vous.

Ce qui ne veux pas dire que vous soyez mauvais quand vous n’êtes pas en accord avec vous.

Car une maison divisée n’est pas un repaire de voleurs, rien qu’une maison divisée.

Et un bateau sans gouvernail peut errer sans but parmi les îles périlleuses sans sombrer jusqu’au fond.

Vous êtes bons quand vous vous efforcez de donner de vous-mêmes.

Ce n’est pas être mauvais, toutefois, que de cherchez son propre intérêt.

Car en désirant votre intérêt, vous n’êtes qu’une racine qui s’accroche à la terre et en tète le sein.

Car le fruit ne saurait dire à la racine : « Ressemble-moi, mûr et plein, donnant toujours de mon abondance. » Pour le fruit, donner est un besoin, de même que recevoir pour la racine.

Un autre extrait de Gibran Khalil Gibran- Le Prophète

vendredi 9 mai 2008

Il a fait nuit toute la journée

Dîtes moi d’où vient ce phénomène qui mène tout droit à l’impasse

Qu’est-ce qui se passe, je vois plus les traces, je reconnais plus mon espace

Espacez-vous, écartez-vous, dites-moi où est la lumière

J’ai besoin d’aide encore une fois et ce sera pas la dernière

Je ne vois plus où je mets les pieds, ne me dites pas que c’est normal

Tout ce que je respire est inquiet, je sais plus ce qu’est bien et ce qu’est mal

C’est la pénombre qui règne comme si le soleil était mort-né

Messieurs Dames aujourd’hui, il a fait nuit toute la journée

Je n’ai pas senti de chaleur s’épanouir au-dessus de nos têtes

Je n’ai vu aucune lueur venir frapper à nos fenêtres

Je ne sais pas si je dois attendre que la nuit se lève ou que le jour tombe

Mais depuis 24 heures, il fait nuit comme dans une tombe

Je vois plus les oiseaux s’envoler, tous ces petits trucs qui m’émerveillent

Je sens plus les nuages s’enrouler, le soleil a perdu son réveil

Si ça se trouve c’est grave la terre s’est peut-être arrêtée de tourner

Messieurs Dames aujourd’hui, il a fait nuit toute la journée

Pourtant les gens autour de moi n’ont pas l’air d’être étonnés

Comment ça se fait, réagissez mais arrêtez de déconner

Suis-je le seul à me rendre compte de la hauteur du danger

La lune nous nargue en plein midi ça n’a pas l’air de vous déranger

Est-ce que ça se passe vraiment ou est-ce seulement dans mon cerveau

Tout ça me paraît bien réel mais je ne sais plus ce que ça vaut

Est-ce un voile devant mes yeux, est-ce qu’il fait nuit dans ma tête

J’ai l’impression que le monde est vieux et qu’y a que moi que ça inquiète

Est-ce le prix du quotidien et le poids de la lassitude

Il a fait nuit toute la journée mais ce n’est plus une certitude

Peut-être que tout va bien et que l’instant n’a rien de fatal

Et qu’il y a simplement un peu trop de poussière dans mon mental

Maintenant il faut que je me reprenne et que j’arrête mes histoires

J’attends que le soleil se lève à nouveau dans mon espoir

Mais je n’oublie pas qu’il est possible que ce soit l’hiver toute l’année

Comme il se peut que ce jour là, il ait fait nuit toute la journée

Le poète est un grand mytho qui s’invente des thèmes

Pour faire rire, pour faire pleurer, pour qu’on lui dise je t’aime

Pour un bon mot il est prêt à tout, le poète est un malade

Ne le croyez pas surtout, il ne raconte que des salades

Moi je me prends pour un poète parce que je rappe sans instru

Il a fait nuit toute la journée, j’espère que vous ne m’avez pas cru

Ce n’est qu’un thème de plus pour mentir impunément

Je pense donc je suis, j’écris donc je mens

Y’a plus de repères dans mes histoires et tout ce que je dis peut être factice

Dans mon prochain texte, je vous ferai croire que je courre plus vite que Carl Lewis

Mais attention, soyez prudents, car si jamais vous m’applaudissez

C’est que ça vous plaît quand je mens… donc je vais sûrement recommencer

Grand Corps Malade

mercredi 7 mai 2008

vous avez votre Liban, j’ai le mien

Vous avez votre Liban avec ses dilemmes. J'ai mon Liban avec sa beauté.

Vous avez votre Liban avec tous les conflits qui y sévissent. J'ai mon Liban avec les rêves qui y vivent.

Vous avez votre Liban, acceptez-le. J'ai mon Liban et je n'accepte rien d'autre que l'abstrait absolu.

Votre Liban est un noeud politique que les années tentent de défaire. Mon Liban est fait de collines qui s'élèvent avec prestance et magnificence vers le ciel azuré.

Votre Liban est un problème international tiraillé par les ombres de la nuit. Mon Liban est fait de vallées silencieuses et mystérieuses dont les versants recueillent le son des carillons et le frisson des ruisseaux.

Votre Liban est un champ clos où se débattent des hommes venus de l'Ouest et d'autres du Sud. Mon Liban est une prière ailée qui volette le matin, lorsque les bergers mènent leurs troupeaux au pâturage, et qui s'envole le soir, quand les paysans reviennent de leurs champs et de leurs vignes.

Votre Liban est un gouvernement-pieuvre à nombreux tentacules. Mon Liban est un mont quiet et révéré, assis entre mers et plaines, tel un poète à mi-chemin entre Création et Eternité.

Votre Liban est une ruse qu'ourdit le renard lorsqu'il rencontre l'hyène et que celle-ci trame contre le loup. Mon Liban est fait de souvenirs qui me renvoient les fredons des nymphettes dans les nuits de pleine lune, et les chansons des fillettes entre l'aire de battage et le pressoir à vin.

Votre Liban est un échiquier entre un chef religieux et un chef militaire. Mon Liban est un temple que je visite dans mon esprit, lorsque mon regard se lasse du visage de cette civilisation qui marche sur des roues.

Votre Liban est un homme qui paie tribut et un autre qui le perçoit. Mon Liban est un seul homme, la tête appuyée sur le bras, se prélassant à l'ombre du Cèdre, oublieux de tout, hormis de Dieu et de la lumière du soleil.



Gibran Khalil Gibran

Extrait de Merveilles et Curiosités

mardi 6 mai 2008

pub comparative

une des campagnes publicitaires, traitant de publicités comparatives (hormis les ‘petites’ pubs clichés « Pepsi-Coca ») est celle d’Adidas (qui date j’imagine de 2007) que j’aimerai partager avec vous..



sur ce bonne soirée/ journée (dépendamment de votre situation sur le globe terrestre), et à demain..

lundi 5 mai 2008

le libanais qui progresse

et je ne parle pas d’une personne ici, mais plutôt du langage; le mélange des trois langues.. c’est vrai qu’à force de fréquenter des nationalités du monde, notre langue se transforme en quelque sorte- prenez par exemple la femme de foyer libanaise qui parle avec sa sri-lankaise du « libankaise », une sorte d’arabe mélangé avec de l’anglais et un chouia de sri-lankais.

donc mon arabe a été lui aussi touché en quelque sorte, quand je me retrouve à dire « kallemni 3a jawwali » au lieu de dire « 7kiné 3al cellulaire », qui veut dire « appelles moi au téléphone » ; mais bon, je crois, et je l’espère, que c’est provisoire, vu que nous avons, et je l’espère aussi, de grandes capacités d’adaptations.. « kif ma tkebbo, byejeh we2if » ou bien, en d’autres termes « comme un poisson dans l’eau »

mais en zarabie, alors qu’on est des kilomètres de la plus proche source d’eau, je me demande comment un zarb’ien ou autre habitant de la planète Terre, peut se retrouver « content, comme un poisson dans l’eau » ;

et puis ce sourire narquois qui se dessine sur ma face, lorsque, rentrant tard du bureau, je rencontre l’indien du supermarché, se promenant , qui me sort un : « Hi ! kifak ? ça va ? »

dimanche 4 mai 2008

le marché aux puces.. électroniques

il existe en zarabie, une place qui s’appelle « souk el computer », ou le marché des ordinateurs; ma visite là bas ressemble à une rencontre du cinquième type ; un énergumène venu de l’astéroïde b652 ; loin d’être le petit prince de Saint-Ex, je passe plutôt pour « ET » de Spielberg ;

ce marché est un des endroits où on oublie franchement où est-ce qu’on est.. un melting-pot bizarres de costumes et de coutumes ; un langage de tour de Babel, qui est aussi proche de l’arabe que du mandarin, une chaleur époustouflante, des odeurs d’épices, de pisse et de sueur, de la poubelle partout sur les routes, des rues embouteillées, des voitures garées en troisième file, sur les deux bords.. et j’en passe..

une série de vendeurs ambulants, déambulant et puant, te proposent des catalogues, enfin façon de parler, de noms de cd à vendre ; tous les logiciels imaginables, en version anglaise ou « mad3oum bil 3arabi », à comprendre « en version arabe », des séries de dvd, des films, des tutoriels ainsi que des séries de « discovery channal » ; et oui piratage impose ;

et le pire c’est quand tu tombes sur un cd à programmes « zat tansib zati » ; bon là ça se complique un peu ;

« tansib » pour moi, vient de « nassaba » et « nassaba », toujours selon moi, veut dire voler.. donc un programme, piraté déjà, qui se vole.. franchement c’est du Beckett version zarb’esque..

il m’a fallut voir plusieurs cds (enfin si le mot s’écrit de la sorte) pour enfin comprendre que « zat tansib zati » voulait dire que le logiciel s’auto-installe ; en d’autres termes « auto-setup »

je crois que la version 1.3 de deuBleuDi est finalement désuète; en attendant la version beta de moi-même..

samedi 3 mai 2008

l'humeur, l’humour..

plus qu’un an que j’essaie d’entretenir une activité quotidienne, mais là, une vérité s’impose: cela devient une routine; au tout début, un exercice de style, juste pour entretenir mes cellules grises, pour passer ensuite à une critique assez sadique, partager quelques lectures.. et finalement une routine encore plus morose que mes neurones grises vient s’installer.. c’est peut-être le cycle de vie d’un blog, des hauts et des bas, des chaussettes de gosses à sécher aux cotés des culottes de filles, un mélange de tout et de rien.. peut-être même plus de rien que de tout..

ou c’est peut-être une période transitoire..

tiens j’y pense.. est-ce que transitoire serait par hasard formé du mélange de « transistor » et « suppositoire »

quand l’humeur, l’humour vit..